Les observatoires photographiques des paysages de Claire Tenu.
Entre 2020 et 2023, Claire Tenu a participé à la création de deux observatoires photographiques des paysages. Le premier, porté par le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, le CAUE 76, le CAUE 27 et le Conservatoire d'espaces naturels de Normandie, et réalisé en collaboration avec le photographe Maxence Rifflet, s'étend sur le territoire de la vallée de la Seine de la boucle de La Roche-Guyon jusqu'au Havre. Le second est une commande de l'Office national des forêts sur le massif forestier de Fontainebleau.
Un Observatoire photographique des paysages (OPP) consiste à créer des points de vue photographiques qui sont reconduits régulièrement dans le temps afin d'étudier les évolutions des paysages au regard des politiques d'aménagements, des enjeux climatiques, etc.
Dans les deux cas, les territoires concernés recelaient une importante iconographie ancienne (gravures, peintures, cartes postales anciennes), ce qui a permis de créer des points de vue d'après ces images antérieures. Cette publication présente une sélection resserrée du travail mené pour ces deux OPP en faisant dialoguer œuvres et documents anciens et photographies d'aujourd'hui.
Depuis son diplôme aux Beaux-arts de Paris en 2007, Claire Tenu (née en 1983 à Dijon) développe une pratique de la photographie au croisement du tableau et du montage, de la description topographique et du récit, de l'écriture et de l'installation. Suite à des résidences ou des commandes, elle a exposé entre autres à Sérignan, Cherbourg, Vassivière, Barbizon. Elle a enseigné à l'École supérieure d'art de Lorraine à Metz et a mené de nombreux ateliers en milieu scolaire. Elle a créé deux Observatoires photographiques des paysages, l'un sur la vallée de la Seine normande (avec Maxence Rifflet), l'autre sur la forêt de Fontainebleau. Ces expériences récentes ont renforcé ce qui constitue la matrice de son activité artistique depuis le début : la vue comme forme picturale entre le document et l'oeuvre, reliant le proche et le lointain par le travail de composition, et permettant que l'histoire et la géographie, les inscriptions et les représentations, soient jouées et rejouées dans le temps et dans l'espace, en questionnant les opérations de la photographie : enregistrer et reproduire.