Livre d'artiste inspiré d'un classique de la théorie architecturale moderne.
La parution, en 1972, de
Learning from Las Vegas, a profondément marqué la discipline architecturale par l'analyse que Robert Venturi, Denise Scott Brown et Steven Izenour ont proposé du passage du modernisme au post-modernisme en architecture, incarné notamment dans les nouveaux contenus symboliques véhiculés par le paysage des banlieues commerciales américaines.
Valentin Carron s'en inspire et rassemble pour
Learning from Martigny une documentation photographique sur son environnement, source de nombre de ses travaux, ainsi que des images de ses sculptures et peintures.
Imprimé à l'encre métallique, l'ouvrage, dont le graphisme est conçu par
Gavillet & Rust/Eigenheer, inclut un texte inédit de l'écrivain Nicolas Pages.
Ouvrage primé dans le cadre du concours « Les plus beaux livres suisses 2009 ».
Valentin Carron (né en 1977 à Fully, vit et travaille à
Martigny et à Genève) représente, aux
côtés d'
Andro Wekua, de
Mai-Thu
Perret ou de
Vidya Gastaldon, un
certain renouveau de la scène artistique suisse, dont il est l'une
des figures les plus éminentes. Ses scultpures, ses peintures et ses
installations mélangent les genres et renouvellent les
stratégies de l'
appropriationnisme
et du
pop art, Carron
réinterprétant les symboles familiers de formes vernaculaires
qui échappent à la culture dominante (symboles puisés
notamment dans l'héritage culturel du Valais natal de l'artiste) de
façon à les rendre ambigus et déroutants. Ni
authentiques ni kitsch, ni ready-made ni réellement artisanaux, les
objets qu'ils créé renvoient au caractère construit de
l'identité et suscitent le doute sur l'authenticité des choses
et de leurs significations, jouant avec l'ambiguïté des
matériaux (faux bois, faux béton, faux bronze...) et avec une
iconographie du pouvoir et de l'autorité (sculptures publiques,
monuments commémoratifs, etc.).
Ayant effectué sa formation aux écoles d'art de Sierre et de
Lausanne, Valentin Carron a commencé sa carrière en 2000 par
une série d'expositions largement remarquées : aux
premières réalisées au
Mamco
et au Centre d'Art Contemporain de Genève succédèrent
celles de la Kunsthalle à Zurich et du Swiss Institute à New
York. La croix monumentale dressée par Valentin Carron sur la
Messeplatz dans le cadre d'Art Basel 2009 est restée dans les
mémoires. En 2010, à Paris, le
Palais
de Tokyo a consacré une exposition individuelle à cet
artiste célébré dans le monde entier.