Cette nouvelle monographie propose un éclairage inédit et international sur le rapport de l'œuvre de Michel Journiac au sacré, en questionnant notamment son usage du sang comme matériau, de ses tout premiers tableaux (1957-1958) à Messe pour un corps (1969-1975), jusqu'aux dernières œuvres du Rituel de transmutation, du corps souffrant au corps transfiguré (1993-1995), qu'il dédie aux victimes du VIH/sida. Emprunté à Journiac, ce titre signifie tout le cheminement de l'artiste pour transfigurer le réel, pour réinventer l'alliance du corps et du sacré, et relier les êtres dans une communauté fondée sur une véritable politique de l'amitié.
Michel Journiac (1935-1995) apparaît dès 1969 comme l'un des artistes français majeurs de sa génération, figure incontournable du body art aux côtés des actionnistes viennois (Hermann Nitsch, Rudolf Schwarzkogler), de Gina Pane, Vito Acconci, Bruce Nauman, ou Chris Burden. L'art de Michel Journiac est un art de la révolte, militant et subversif. Peinture, action, vidéo, photographie, sculpture, envoi postal, dispositif scénique, contrat, etc., prennent le corps comme matériau et interrogent la société qui le conditionne. Son œuvre protéiforme traverse l'ensemble des pratiques artistiques de son époque. Elle a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles et collectives et est aujourd'hui conservée dans les collections des plus grands musées.