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Aux anges
Les presses du réel Contemporary art [see all titles]
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p. 22


Au départ on était branchés sur l’Amérique mais Pat, lui, était branché rock, c’est pour ça qu’on est allés à ce truc. Mais avant ça on avait rencontré un type : Joël, c’est avec lui qu’on sortait et avec les mecs de République. C’est à son contact qu’on a rencontré d’autres mecs. Il nous a donc emmenés rue de Lappe, pour nous ça a collé tout de suite. On avait aussi été dans les réunions Harley et c’est parti de là.
Avant je n’avais pas de moto mais une voiture. Mais après on est passés directement aux Harley, je l’avais acheté 3500 balles.

Gros Jo nous avait conduits rue de Lappe, mais il avait peur, il s’était servi de nous. On était invités par les mecs, John ou Grand Daniel, et lui l’avait enquillé, il était mort de peur, alors que les mecs qui ne le connaissaient pas disaient : “Lui, c’est un vrai”, tu parles. Et on arrivait à Paris, on découvrait la Capitale, on était contents. A Malakoff, j’avais tout fait en vélo, j’emmenais mes copines. Même en hiver avec ma DKW, je disais à Fred : “Viens on se casse !” et sous la neige, pour se réchauffer on arrêtait la moto et on la poussait, c’était du côté de Chalon-sur-Saône. On dormait dans les caves, on se caillait les couilles, on s’était arrêtés dans une gare, trempés, gelés, il y avait un poêle et ensuite dans une grange, on allait dans la paille et il y a un bonhomme qui vient et nous demande ce qu’on faisait là, alors on lui répond qu’on se réchauffe, qu’on a froid. Il nous dit que sa bonne femme a peur. On allait en Espagne, depuis la rue de Lappe, Philippe n’avait jamais vu la mer. Mais là où on est rentrés dans l’estime des gars de la rue de Lappe, c’est quand il y a eu une bagarre boulevard St-Germain, ils étaient trente on était quatre, on était venus à la rescousse, il y avait Nadjar qui s’était sauvé.
On se connaissait tous, on connaissait les mecs de République. Je me rappelle avoir rencontré Gros Jo au Golf Drouot ; j’étais avec La Flèche, on était les seuls en cuir et lui est venu nous brancher en disant qu’il avait une Harley. On avait vu en bas, une Hydra Glide. Il voulait faire un club Hell’s Angels.
Rouquin et Avrel avaient le look mais ils ont choisi la came et ils ont barbé les potes les plus proches. En plus ils avaient les meilleures motos.
(...)
 
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