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Wo versteckt sich Rosa L. / Où se cache Rosa L.
Raphaël Grisey [tous les titres]
it: éditions [tous les titres]
Raphaël Grisey Wo versteckt sich Rosa L. / Où se cache Rosa L.
Conception graphique : Regular.
paru en 2006
édition trilingue (français / anglais / allemand)
16,8 x 21 cm (broché, sous jaquette)
207 pages (77 ill. coul. et n&b)
20.00 €
ISBN : 978-2-9527333-04
EAN : 9782952733304
en stock
 
Cette publication s'appuie sur une série d'enquêtes et de photographies réalisées à Berlin entre 2001 et 2004 par l'artiste Raphaël Grisey. Montage d'images et de textes, Où se cache Rosa L. est une exploration de la mémoire de la ville, de son histoire. En fin d'ouvrage des cartes permettent de localiser les lieux photographiés. Cette combinaison de supports forme un guide subjectif de Berlin.
Les séquences photographiques de Wo versteckt sich Rosa L. / Où se cache Rosa L., accompagnées de légendes et de textes plus longs, mêlent portraits et paysages, photographie d'architectures, de monuments ou d'intérieurs. À la manière d'une « voix off », des extraits de textes, courant sur plusieurs pages, viennent par endroits compléter les légendes. Celles-ci peuvent être concises – dates et lieux de prise de vue –, comme s'étoffer d'informations historiques ou de citations littéraires, donner des précisions sur un lieu, son histoire contemporaine, son passé. Textes et images s'articulent donc suivant différents rapports – de la précision factuelle à l'évocation distanciée – pour former un montage plein de modulations : séquences silencieuses, aérées, où les images peuvent rester muettes, séquences plus denses où le texte fait émerger une histoire que les images ne peuvent à elles seules restituer.
Avec Où se cache Rosa L., Raphaël Grisey a cherché, au gré d'une dérive programmée, à rendre visibles certaines figures, certains lieux. Quelques-uns de ces lieux, de ces figures qui semblent avoir été évacués des représentations communes du grand Berlin de l'Allemagne réunifiée, sont confrontés à ceux qui en sont aujourd'hui les symboles. Le livre, par son montage, propose ainsi des sauts géographiques et historiques et permet, en confrontant lieux, gestes et figures, de mettre au jour des filiations souterraines. La question du monument est introduite progressivement dans l'ouvrage : une première séquence se concentre sur l'architecture comme habitat. Suivent les lieux emblématiques que sont le Palast der Republik, le camp de concentration de Sachsenhausen, l'ancien bâtiment de la Stasi. Puis la statuaire vient s'articuler à l'actualité de certains gestes et de certaines postures. Enfin, l'ouvrage se clôt sur l'évocation de deux figures : Rosa Luxemburg et Ulrike Meinhof.
Le livre donne à voir une actualité de la ville dans laquelle affleurent, par endroits, certains spectres. Le montage de l'ouvrage permet d'explorer ce qui relie la mémoire, l'histoire, à la géographie de la ville, de son centre à sa périphérie. Le lecteur peut ainsi en parcourant le livre déambuler à son tour. Au centre de la ville, la mémoire se construit à l'échelle nationale comme à celle, mondialisée, du tourisme. À la périphérie de Berlin, la vétusté des lieux et des monuments, vestiges de régimes symboliques anciens, révèle d'autres spectres plus lointains.
Les œuvres vidéo, éditoriales et photographiques de Raphaël Grisey (né en 1979 à Paris, vit et travaille à Berlin et Trondheim, Norvège) rassemblent ou produisent des récits sur la politique du souvenir, la migration ou l'architecture. Par exemple, la série photographique et le livre Où se cache Rosa L. (2001-2006) constituent les deux faces d'une étude portant sur les réminiscences des divers régimes politiques au sein des espaces publics à Berlin. Ses films et ses installations utilisent diverses formes documentaires, fictives ou essayistiques, et traitent de questions sociales et politiques actuelles telles que l'immigration et le post-colonialisme en France (Trappes, Ville Nouvelle, 2003 ; Coopérative, 2008-).
Raphaël Grisey a réalisé des travaux autour de Budapest (National motives, 2011), des grèves étudiantes en France (Les indiens, 2011), de la Chine (The exchange of perspectives, 2012), des logements sociaux au Brésil (Amor e Progresso, 2014), de l'église positiviste de Rio de Janeiro (Amor e Progresso, 2014) ou autour des communautés autonomes de Quilombos à Minas Gerais (Remanescentes / A Mina dos Vagalumes, 2015).
Son travail inclut également des projets de collaboration tels que les films Prvi Deo et Red Star (2006), réalisés avec Florence Lazar, et Coopérative (2008-) avec Bouba Touré.