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Lyot
Julien Carreyn [tous les titres]
Centres d'art, musées, galeries & varia [tous les titres]
Julien Carreyn Lyot
Introduction de Florence Derieux.
Textes de Etienne Bernard, Yves Brochard, Antoine Marquis.

Conception graphique : Xavier Antin.

Publié par le Frac Champagne-Ardenne.
paru en mai 2016
édition bilingue (français / anglais)
12 x 19 cm (broché)
104 pages (ill. coul. et n&b)
18.00 €
ISBN : 978-2-907331-28-9
EAN : 9782907331289
en stock
 
Ce catalogue dévoile un ensemble de photographies et de dessins de l'artiste, de documents et de vues d'installation qui témoignent des obsessions de Carreyn, du corps féminin et de l'occultisme pop au symbolisme et au surréalisme.
A l'occasion d'une exposition au Frac Champagne-Ardenne, l'artiste avait investi l'intégralité de l'espace d'exposition et conçu spécialement une installation réunissant près d'une centaine d'œuvres sur papier. Usant de techniques de réalisation et de modes de présentation très variés, l'artiste était parvenu à produire une œuvre immersive qui plongeait entièrement le visiteur dans un univers très personnel. Particulièrement intéressé par des techniques de reproduction anciennes et / ou rudimentaires, Julien Carreyn privilégie le dessin en tant que processus créatif pour tenter de générer un nouveau langage. Boulimique et érudit, c'est par la fusion de références multiples qu'il produit des œuvres à l'aspect faussement désuet, mêlant l'abstraction à la figuration, citant le cinéma de Bresson, rappelant la position de Man Ray vis-à-vis de l'érotisme, s'appropriant des thèmes surréalistes, associant un certain réalisme fragmenté aux images subconscientes et aux rêves, etc.
Publié suite à l'exposition personnelle de Julien Carreyn au Frac Champagne-Ardenne, Reims, du 13 mai au 14 août 2011.
Lycéen, Julien Carreyn (né en 1973 à Angers, vit et travaille à Paris) découpait des photos dans la Gazette Drouot ou dans le Courrier de l'Ouest, et il remplissait de cahiers ces images trouvées. Il les organisait en chemins de fer, méthodiquement mais spontanément, et c'était avant de connaître Hans-Peter Feldmann. DJ, quelques années plus tard, il était à la recherche de l'enchaînement le plus juste, de la séquence musicale permettant d'apporter surprise, rupture mais aussi fluidité. La cassette parfaite, c'était son obsession et celle de ses amis. Un enchaînement sonore et mental procédant de la concaténation, c'est-à-dire de l'action de mettre à bout au moins deux chaînes, AB BC CD... Lorsqu'il s'est agi de prolonger à la fois cette recherche de l'enchaînement parfait et cette quête infinie d'images, c'est-à-dire de travailler pour se constituer son iconographie, une règle s'est imposée : il devait être l'auteur de toutes ses images. La question des images trouvées et de leur usage ayant peut-être définitivement réglée par Feldmann ou Richard Prince, il lui fallait trouver une voie qui impose une puissance créatrice, une vitalité. Quelque chose ayant à voir avec une certaine idée de l'artiste comme surhomme, qui permettrait de réconcilier, selon l'utopie nietschzéenne, le rationnel et le passionnel. Quelque chose comme un nécessaire passage à l'acte. Alors Julien Carreyn s'est appliqué avec beaucoup de persévérance, et un brin d'obsession, à produire un corpus d'images (photos et dessins) de plus en plus dense, explorant des territoires aussi variés que l'est sa culture transversale de l'image et qui englobe aussi la bande dessinée érotique des années 70, les manga, l'illustration jeunesse...
A l'instar des œuvres mystérieuses du symboliste belge Fernand Khnopff – compositions peuplées de femmes hiératiques, inaccessibles et au regard trouble, ou paysages renvoyant au monde du rêve –, les images de Julien Carreyn évoquent un passé disparu, englouti dans le vague des souvenirs. L'artiste photographie des modèles qu'il fait poser dans des intérieurs saturés d'objets à haute valeur culturelle et symbolique. S'en suit un long travail d'atelier solitaire et minutieux pour faire naître, par le biais de techniques d'impression obsolètes, des dessins et des photographies qui sont ensuite assemblés en séries et disposés sous vitrine tels des vestiges culturels. Julien Carreyn a un désir d'imaginaire et d'esthétisme. Particulièrement intéressé par des techniques de reproduction anciennes et/ou rudimentaires, il a choisi de privilégier le dessin en tant que processus créatif pour tenter de créer un nouveau langage. Boulimique et érudit, c'est par la fusion de références multiples qu'il produit des œuvres à l'aspect faussement désuet, mêlant l'abstraction à la figuration, associant un certain réalisme fragmenté aux images subconscientes et aux rêves, et ayant la particularité de rester parfaitement ouvertes.
Julien Carreyn a notamment participé à des expositions à la Fondation d'Entreprise Ricard à Paris (Une Expédition, commissariat de Stéphane Calais, 2009), au Mac/Val de Vitry-sur-Seine (collection du FRAC Ile-de-France, 2008) et au Cneai de Chatou (Salons boudoirs et antichambres, 2002). Il a publié plusieurs livres d'artistes, dont Les Demoiselles de Vienne en collaboration avec Pierre La Police (Editions Cornélius, Paris, 2008).